Rare nichée de Chouette effraie dans le nord de la Drôme

Par | 20 juin 2017

Effraie des clochers, poussin, Drôme, juin 2017Parmi les chouettes présentes dans le nord de la Drôme, la plus rare est l’Effraie des clochersTyto alba de son nom latin (chouette blanche). Ce rapace nocturne est également nommé Chouette effraie, Dame blanche, Dame des marais… Ses chuintements caractéristiques ainsi que son masque facial en forme de cœur la rendent très facilement identifiable. Ses effectifs n’ont cessé de diminuer durant ces dernières décennies. Les causes de cette régression sont multiples. Comme son nom l’indique, elle affectionne les clochers pour se reproduire. Malheureusement pour cette espèce, les ouvertures de ces derniers sont de plus en plus souvent grillagées, pour en interdire l’accès aux Pigeons et aux Choucas des tours. Les greniers et les hangars sont eux aussi de moins en moins accessibles et de ce fait notre Effraie a de plus en plus de mal à trouver des sites de nidification. Ce déclin est accentué par les collisions avec les voitures de plus en plus nombreuses et une agriculture de plus en plus intensive. Ses terrains de chasse se sont raréfiés. Par exemple, les prairies naturelles, riches en campagnols, ont été remplacées par des champs de maïs. En hiver, elle est sensible aux épisodes neigeux. Durant ces périodes, les micromammifères, dont elle se nourrti, se déplacent sous la couche de neige. Les rapaces ne les voient pas et de ce fait, ont du mal à chasser et à se nourrir. Lorsque ces épisodes neigeux se prolongent, la mortalité de l’espèce est alors très importante.

Le régime alimentaire de la Chouette effraie est très majoritairement composé de micromammifères. Cet oiseau pesant environ 350 grammes, est donc un précieux allié des agriculteurs. Ce sont surtout des campagnols qui sont mangés, mais également des musaraignes, contrairement aux autres rapaces nocturnes qui dédaignent ces proies de petites tailles. Il lui arrive aussi de manger des oiseaux de petites tailles comme les Moineaux et plus rarement des batraciens.

La taille et le nombre de pontes dépendent de l’abondance de nourriture. Les femelles pondent de 2 à 15 œufs. Elles commencent à couver dès la ponte du premier œuf. Comme les œufs sont pondus tous les 2 ou 3 jours, les naissances sont décalées. Durant l’incubation qui dure environ un mois, la femelle ne quitte pas ses œufs. C’est le mâle qui chasse et qui la ravitaille. Enfin, les premiers œufs éclosent. La première semaine, seule la femelle, nourrie les oisillons de petits bouts de viande, des proies que le mâle lui amène. A huit jours, les jeunes Effraies sont capables d’avaler une proie entière. Les deux adultes sont alors obligés de chasser tous les deux. Si la nourriture vient à manquer, ce sont les poussins les plus vigoureux, souvent les plus âgés qui sont nourris. Les plus petits ne survivent pas. Si les campagnols abondent, les femelles pondent une seconde voir une troisième fois. En captivité une Chouette effraie peut vivre une vingtaine d’année, mais dans la nature elle dépasse rarement les quatre ans.

Dans la Drôme des collines, ce ne sont que quelques couples d’Effraie des clochers qui se reproduisent. Elles font leur nid dans les églises, les hangars, les greniers non condamnés. Elles s’installent aussi dans les nichoirs artificiels. N’hésitez pas à en installer un chez vous, dans un endroit tranquille.

L’an dernier (2016) une nichée de 4 poussins avait été trouvée en Drôme des collines dans une vieille tour, à Claveyson. Dans le cadre d’un suivi de cette espèce par le Centre de Recherche par le Baguage des Populations d’Oiseaux (CRBPO) du Muséum National d’Histoire Naturelle, ces oisillons ont été munis d’une bague. Le plus lourd de la fratrie pesait 423 grammes et le plus petit 376 grammes. Cette année, probablement le même couple, a niché au même endroit et 5 poussins ont été élevés. C’est un peu plus que l’an dernier. Soit le couple est plus expérimenté, soit la nourriture (micromammifères) est plus abondante. Le moins lourd pesait 386 grammes et le plus lourd, 416 grammes. Bien sûr, ces 5 oisillons ont eux aussi été munis d’une bague du Muséum ce qui permettra, peut-être, d’avoir de leurs nouvelles dans quelques mois, voire quelques années.

Si vous avez un couple de Chouette effraie chez vous ou si vous connaissez un endroit où elle niche dans le département de la Drôme, n’hésitez pas à me contacter (Page Contact) afin qu’ils puissent être bagués et augmenter la pertinence de ce suivi. Tous les renseignements concernant cette espèce sont intéressants.

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